75% de réservations pour des logements qui vont être construits à Borély
C’est sans doute un des projets immobiliers les plus complexes de ces dernières années. L’opération dite "Prado Rivage" au rond-point du David, les Marseillais en entendent parler depuis quatre ans, au bas mot. Premier fait concret qui annonce enfin le futur chantier : la dépose, depuis lundi, de la fresque sur le mur du Casino. Les pelleteuses, en revanche, ne devraient arriver qu’en mai-juin, juste après la fermeture du supermarché.
"La difficulté dans cette opération, c’est que le Casino ne voulait pas partir : il avait un bail commercial et on leur demandait de fermer 24 mois. Il a fallu les convaincre", explique Mireille Vernerey, directrice régionale du promoteur constructeur Ogic. "Ça a figé le lieu pendant des années, continue-t-elle. Regardez à quoi ça ressemble ! Or, c’est un site magique. Il y a très peu de villes qui ont encore des espaces en front de mer".
En 2006,quand un premier permis de construire pour un ensemble résidentiel de 107 appartements, dont 9 villas, est obtenu, le promoteur s’appelle Icade-Capri. Cela fait déjà deux ans qu’il travaille sur le dossier. Les recours des tiers pleuvent : 28, émanant des riverains des immeubles de luxe du bord de l’Huveaune. Motif : le nouvel immeuble leur gâchera la vue mer. Mireille Vernerey est directrice commerciale chez Icade et suit le dossier. En 2007, le promoteur lâche l’affaire. "Ils se sont dit que ce n’était pas rentable, raconte-t-elle. Il y faut de l’acharnement. Imaginez le nombre de projets que vous pouvez sortir en six ans !" Passée chez Ogic, la même se porte acquéreur de l’opération qu’elle qualifie de "cousue main".
"On a adapté le projet au cas par cas pour diminuer les nuisances", explique-t-elle. Le reste est passé par des transactions financières. Nouveau coup dur l’an dernier avec la crise de l’immobilier. Le projet a donc été coupé en deux. La première tranche, qui dessinera un angle entre l’avenue Pierre-Mendès-France et la contre-allée du Prado, comprend 74 logements et huit villas sur le toit, plus le Casino, un parking de 370 places (dont 100 pour le supermarché), deux commerces, un gymnase, un dojo et la base nautique de canoë-kayak.
La 2e tranche, dans le prolongement vers Borély, concerne une soixantaine de logements. A quelques mois du démarrage des travaux, Ogic affiche sa satisfaction avec plus de 75% de réservations. Prix moyen : 5300€/m2 et jusqu’à 10000€/m 2 pour une villa suspendue avec ses 500 m² de terrasse. " Ce sont surtout des Marseillais qui ont acheté, des gens qui souhaitaient se rapprocher du centre-ville", commente Mireille Vernerey.
Les logements ne devraient pas être livrés avant 2012 et il faut compter six mois supplémentaires pour la réouverture du Casino. En attendant, un marché alimentaire a déjà pris le relais depuis Noël. "Mais sans électricité pour l’instant", déplore Béatrice Moinet, présidente du CIQ Saint-Giniez-Prado-Plage. "Ça ennuie les gens que le Casino ferme, poursuit-elle, mais ils sont ravis qu’il soit rénové parce qu’il était devenu sale et l’été ça sentait mauvais. Dans l’ensemble,ils accueillent bien le projet même s’ils s’apprêtent à souffrir des travaux".
Quant à Albert Tobelem, président du club Marseille Mazargues de canoë-kayak qui a déjà déménagé, il attend pour voir. "On va être à l’étroit, prédit-il, le maire m’avait pourtant promis qu’il n’y aurait pas de gymnase et qu’on disposerait de tout l’espace". Autre voeu pieu : la pacification de la circulation dans un quartier où les voitures se croient sur une voie rapide. La pression des nouveaux habitants pourrait peut-être y changer quelque chose.








