Mauvaise répartition du parc, priorité donnée à l’investissement neuf, exigences des locataires : les appartements anciens sont de plus en plus difficiles à relouer. Le taux de vacance locative s’envole.
Bonne nouvelle pour les propriétaires, les loyers sont légèrement repartis à la hausse en 2010 après une stagnation inédite en 2009. Mauvaise nouvelle : entre deux locataires, les appartements sont de plus en plus difficiles à relouer. Ce qu’on appelle la « vacance locative », c’est-à-dire la période pendant laquelle les appartements restent vides avant d’être reloués, est en forte augmentation, selon l’Observatoire des loyers Clameur.
Le taux de vacance locative est en augmentation de 6,1% depuis le début de l’année et de 13,7% depuis 2008. Pour les propriétaires, la perte économique est sévère. Jean Perrin, le président de Clameur, l’estime à « une semaine de loyer en moins tous les deux ans ».
Si l’on regarde par département, la vacance locative atteint des records en Lozère et dans les Hautes-Alpes, où elle dépasse sept mois en moyenne, contre 2,1 mois pour l’ensemble de la France. Quinze autres départements, dont la Côte d’Or, la Loire, la Haute-Saône et le Pas-de-Calais, affichent des durées d’inoccupation comprises entre 3 et 5 mois. Surtout, dans tous ces départements, le temps de vacance augmente constamment : +50% depuis 2008 contre +13,7% pour la France entière.
Pour séduire les locataires - et augmenter le loyer si possible, de nombreux propriétaires misent sur les travaux. « Sans travaux, le loyer baisse à la relocation », rappelle Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris-Ouest. Clameur estime que 37,4% des appartements mis en relocation ont fait l’objet de travaux de rénovation.
Rappelant qu’il est aussi président de l’UNPI (l’Union nationale de la propriété immobilière), Jean Perrin a tapé du poing sur la table lors de la présentation de l’Observatoire : « Le gouvernement a une approche à l’envers de l’immobilier ! a-t-il répété. Les politiques fiscales en faveur de l’immobilier locatif neuf ne donnent pas de bons résultats. On construit trop là où il n’y a pas de besoin et pas suffisamment là où la demande existe ». Selon, lui, il faudrait plutôt « se pencher sur l’ancien, améliorer les logements existants et arrêter de construire, construire, construire ».
Dernier élément pour expliquer la hausse des logements vides : la montée de la colocation. 9% des 16-25 ans déclarent vivre actuellement en colocation selon une enquête TNS-Sofrès de juin 2010. Et le phénomène prend de l’ampleur. Du coup, la demande de locataires individuels pour les studios et deux-pièces diminue. Outre que leur temps de relocation augmente, les prix du marché s’en ressentent : « La progression des loyers des petites surfaces continue de ralentir pour la quatrième année consécutive », constate Clameur.
Sources : Rose Lemardeley - lexpansion.com - Article du [ 02/09/2010 ]









