Depuis un an, le marché breton de la résidence secondaire souffre particulièrement de la crise. Les volumes de ventes chutent, les prix aussi. Selon les professionnels, l’heure pourrait être à la reprise.
Des prix en baisse de 10 à 15% voire 20%... Le dernier baromètre de l’immobilier de la Chambre régionale des notaires est parlant : le prix des résidences secondaires pique du nez dans la région. Et le volume des ventes est au plus bas depuis vingt ans. « Depuis septembre2008, les transactions ont globalement chuté de 25% », confirme Pierre-Luc Vogel, notaire à Saint-Malo (35). « Le marché de la résidence secondaire est le premier touché. C’est normal car c’est un plus, un luxe. L’acheteur a moins la pression, il prend son temps pour choisir et il négocie. Il y a une justice quelque part. Il y a deux ans, c’était l’inverse. Ceci étant dit, le marché s’est stabilisé ces derniers mois. Mais il ne faudrait pas qu’il y ait un accident du type remontée des taux d’intérêt. »
La clientèle manque de confiance
Calme plat, également dans le golfe du Morbihan : « On travaille au compte-gouttes », confie Olivier Jouanneau, agence Bénéat-Chauvel à Sauzon (56). « On a 50% de clients en moins, mais un sur deux achète. Les prix ont baissé de 20%. On n’a jamais eu autant d’opportunités mais la clientèle manque de confiance. Ceci dit, 2009 a été moins dur que 2008 où on avait touché le fond du gouffre. On ne se plaint pas, car on a connu l’opulence dans la période 2000-2007 et d’autres crises dans les années 80. Mais, c’est vrai, pas de cette ampleur. Le marché est loin d’être reparti. » Constat identique du côté de Trégunc (29).
Les investisseurs reviennent
En revanche, les contacts commencent à reprendre à Pléneuf-Val-André (22) et chez Guy Hoquet à Lannion : « On note le retour d’investisseurs sur le secondaire depuis deux à trois mois », relève Christophe Hélard ; « Les prix sont attractifs et les gens reviennent pour placer leur argent. » À l’étude Pierre Fresnais de Crozon (29), après une chute de 8 à 10% du marché dans la presqu’île, l’an passé, on note également un « net regain d’intérêt et plus de passages depuis la mi-décembre ». « Les derniers mois ont été très difficiles mais les clients ont l’air de reprendre confiance », constate également Sandrine Drevensek (Luxior) à Saint-Pol-de-Léon. « Les gens ont à nouveau le sourire », se félicite L’immobilière de la Côte, à Lomener, près de Lorient. « On a pas mal vendu depuis le début de l’année. Malheureusement, les banques ralentissent les ventes, par leurs procédures. »
Il faut des vendeurs « plus raisonnables »
90% des centres d’intérêt concernent des biens de moins de 300.000euros essentiellement, des appartements et maisons de 100.000 à 230.000euros. Les villas de caractère avec vue sur mer, de 450.000euros à un ou deux millions d’euros, trouvent également preneur, même si les clients sont moins nombreux et négocient. En revanche, la gamme intermédiaire est totalement ignorée par les acheteurs. Ces maisons sont nettement surévaluées, soulignent les professionnels, sans caractère particulier et avec, souvent, des travaux à réaliser. « Il faut que les vendeurs soient plus raisonnables », souligne Maryvonne Argouach, chez Montroulez Immobilier à Morlaix. Quant aux acheteurs, au lieu d’attendre que les prix baissent encore - très hypothétiquement - « qu’ils n’hésitent pas à faire des offres. Quand un vendeur attend depuis plus d’un an, il est prêt à accepter une bonne proposition. »








