Accueil > Services > Revue de presse > Le crédit immobilier se grippe

Le crédit immobilier se grippe


Selon les dernières statistiques Crédit Logement CSA, l’octroi de nouveaux crédits immobiliers au troisième trimestre est en recul de 13,7 %. Principale raison invoquée : la chute de la demande.
Au total sur l’année, l’observatoire anticipe un repli de 8 % des prêts à l’habitat accordés par les banques, à 155 milliards d’euros contre 168,8 milliards, année proche du record absolu de 2007 (170,2 milliards).
« C’est un résultat positif pour cette année, car 2010 avait été une année dopée par les rachats de prêts », souligne Patrick Lepescheux, directeur général délégué de Crédit Logement, l’organe central de garantie des prêts pour le logement.

Réduction des programmes

Et la chute devrait s’accélérer malgré le mouvement de baisse des taux amorcé cet automne : 3,86 % en octobre contre 3,89 % en septembre selon l’observatoire. « Suivant un scénario comparable à celui de l’automne 2008, le marché se bloque » pour les logements anciens, indique l’étude.
De plus « les prix vont encore une fois reculer, non parce que la solvabilité de la demande s’est détériorée, mais parce que la demande hésite et que l’offre de crédits n’est plus aussi dynamique ».
Aussi « la baisse des crédits accordés devrait s’accélérer en 2012 avec une chute de 16 % par rapport à 2010 pour tomber aux alentours de 130 milliards, pas loin de 2009 (120 milliards) », pronostique Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris-Ouest et auteur de l’étude.

De fait, face aux demandes des régulateurs et aux tensions sur les marchés, les banques françaises ont annoncé ces dernières semaines des réductions massives de leurs programmes de refinancement moyen et long terme par les marchés pour l’an prochain après avoir bouclé dès l’été leur programme 2011.
Société Générale a annoncé une chute de plus de 60 % de son programme 2012, revenu entre 10 et 15 milliards, le Crédit Agricole une baisse de 45 % à 12 milliards, BNP Paribas de 48 % à 20 milliards et BPCE de 30 % à 21 milliards d’euros.
Au total, elles ont ainsi ramené de plus de 110 milliards à un peu plus de 60 milliards leur montant d’émissions obligataires pour l’an prochain. La grande inconnue reste le Crédit Mutuel. La banque réalise invariablement depuis plusieurs années le plus important programme de refinancement obligataire moyen et long terme de la place française, à 45 milliards d’euros.

Les établissements de crédit se trouvent aujourd’hui dans la quasi-incapacité d’émettre sur leur propre nom, sans garantie d’actifs.
Depuis janvier, le CDS (credit default swap) des banques, c’est-à-dire le coût payé par les investisseurs pour se couvrir contre leur risque de défaut qui se répercute in fine dans le coût de refinancement des banques, a flambé. Celui de BNP Paribas a crû de 141 % à 271 points de base.
La banque était considérée pendant la crise de 2008-2009 comme l’une des plus sûres avec l’un des CDS les plus bas d’Europe derrière HSBC. Ceux de la Société Générale et du Crédit Agricole ont, eux, grimpé de 123 % (355 points de base) et de 72 % (287 points de base). Dans ces conditions, les banques ne vont pas se plaindre du ralentissement de la demande de crédit.

Sources : Anne Drif - lesechos.fr - Article du [15/11/2011]



Actualités immobilières

Liens utiles

Services pour professionnels



Nous recherchons pour vous !